Kinshasa-Marche de C64 : 5 activistes signalés portés disparus et plusieurs interpellations

La marche organisée ce mardi par la Coalition Article 64 (C64) a été émaillée d’incidents dans les environs des 10ᵉ, 11ᵉ et 12ᵉ Rues, dans la commune de Limete. Au moins cinq activistes sont signalés portés disparus, tandis que plusieurs autres personnes auraient été agressées, blessées, hospitalisées ou interpellées.
Selon les témoignages et informations recueillis sur le terrain, des manifestants accusent des éléments de la Force du progrès, présentée par eux comme proche de l’UDPS, d’avoir tenté d’empêcher la progression du cortège à coups de pierres et d’armes blanches. La police est ensuite intervenue en faisant usage de gaz lacrymogènes, entraînant la dispersion des manifestants.
Des éléments du Service national, reconnaissables à leurs tenues bleues, auraient également été déployés dans le secteur de l’Échangeur, aux côtés des forces de sécurité mobilisées pour encadrer la manifestation.
Plusieurs interpellations sont par ailleurs rapportées. Des militants de l’Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund, réunis devant leur siège à la 12ᵉ Rue, auraient été arrêtés. Deux mobilisateurs d’ADD Congo, formation politique de Prince Epenge, ainsi que des membres de Générations Futures sont également cités parmi les personnes interpellées.
Des activistes issus de mouvements féminins opposés à un éventuel changement de la Constitution auraient, eux aussi, été pris pour cible. Deux militantes, Odia Masanka Jeannette et Bantu Cibanduidi Christivie, figurent parmi les personnes actuellement recherchées, selon les informations communiquées.
Le Forum des droits humains indique avoir déployé une trentaine d’observateurs à l’Échangeur, au rond-point Moulaert et aux abords du siège de l’ECiDé. Son coordonnateur, William Bandoma, aurait été agressé puis interpellé par la police alors que son équipe documentait les affrontements. Une partie de son matériel de travail serait également introuvable.
L’organisation affirme en outre que plusieurs mobilisateurs, particulièrement des femmes, auraient reçu des menaces et fait l’objet d’intimidations dès la veille de la manifestation.
À ce stade, les identités et le bilan définitif des personnes agressées, blessées, hospitalisées, interpellées ou portées disparues restent en cours de vérification.
Les autorités et les services de sécurité concernés n’ont pas encore été cités dans ce communiqué comme ayant fourni une version contradictoire des faits rapportés.
Patrick MUKADI SH.